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Striking Vipers est un épisode de la cinquième saison de Black Mirrorl'anthologie de Netflix qui explore les relations difficiles entre les humains et la technologie. Contrairement au format habituel du cauchemar technologique de la série, cet épisode est plus doux. Intime. Il ne s'agit pas de la fin du monde. Il s'agit de la fin de la répression.

Collage présentant, à gauche, une illustration promotionnelle de l'épisode "Striking Vipers" de Black Mirror et, à droite, une scène de l'épisode montrant les personnages dans un jeu de combat virtuel.

Deux amis de longue date, Danny et Karl, reprennent contact grâce à un nouveau jeu de combat VR. Pensez à Tekken, mais en immersion totale. L'un choisit une combattante hyperféminisée. L'autre, un combattant masculin classique. Leurs sessions commencent par des combats et évoluent vers des baisers. Et puis quelque chose d'autre. Quelque chose qu'aucun des deux ne peut nommer.

Ce qui commence comme un jeu devient un miroir. Et ce qui commence comme une fantaisie révèle quelque chose de trop complexe pour être expliqué.

Il ne s'agit pas d'une histoire de tricherie. C'est une histoire sur l'homosexualité, la fluidité, la masculinité et sur la façon dont les personnages que nous jouons peuvent être plus vrais que ceux que nous interprétons dans la vie réelle.

🕹️ Le jeu est déjà homosexuel. Les joueurs n'en parlent tout simplement pas

Selon Quantic Foundry, 38 % des joueurs masculins choisissent régulièrement des avatars féminins. Dans les MMO tels que Final Fantasy XIV et World of Warcraft, ce chiffre est encore plus élevé.

Une étude réalisée en 2022 par Gayming Mag révèle que 74 % des joueurs LGBTQ+ ont utilisé des jeux pour explorer leur identité sexuelle. Pour beaucoup, il ne s'agissait pas d'expérimenter. Il s'agissait de trouver un langage pour exprimer ce qu'ils ont toujours ressenti.

Le jeu a toujours été un espace de liberté. La personnalisation est plus qu'une question d'esthétique. C'est la découverte de soi. La peau que vous choisissez, les pronoms que vous essayez, le corps que vous empruntez - tout cela révèle quelque chose.

Alors, quand Striking Vipers nous offre deux hommes qui expriment leur désir à travers des avatars, ce n'est pas absurde. C'est exact. Cela reflète les types de relations que les joueurs ont déjà expérimentés. Parfois consciemment. Parfois non.

Dans le jeu, il n'y a pas de règles pour savoir qui vous êtes censé être. Et lorsque la pression de la performance dans le monde réel s'estompe, il arrive que la vérité éclate.

🔥 Entre les lignes. Ce que cet épisode révèle vraiment

Scène de _Striking Vipers_ montrant une combattante à la coiffure blonde en tenue rouge face à un combattant en tenue noire, sur fond de cerisiers en fleurs.

Il ne s'agit pas seulement de deux hommes qui s'embrassent. Il s'agit d'une intimité émotionnelle qui n'entre pas dans les cases rigides que nous assignons à l'amitié, à la masculinité ou à la sexualité.

L'épisode en dit long sans jamais crier. Il montre comment le jeu permet aux hommes d'exprimer leur tendresse sans être traités de faibles. Comment la coopération peut devenir un langage d'amour codé. Comment le désir peut exister dans l'espace liminal, entre les connexions, dans le glitch.

Il révèle également à quel point nos vies réelles nous déçoivent souvent. Karl et Danny n'ont pas les moyens de parler de ce qui se passe. Ils ne peuvent qu'agir. Numériquement.

Et finalement, ils se mettent d'accord pour se rencontrer une fois par an. Dans le jeu. Pas dans la vie. Une nuit de liberté, suivie de 364 jours de silence.

Ce n'est pas une fin heureuse. C'est un compromis.

Et cela me semble bien trop familier.

Pourquoi c'est important. Surtout pendant le mois des fiertés

Deux combattants, une femme en tenue rouge et un homme en tenue noire, s'affrontent sur une arène de pierre surplombée d'un grand panneau "FIGHT", dans un décor verdoyant.

Parce que l'homosexualité n'arrive pas toujours avec une déclaration. Parfois, elle s'échappe dans le silence. Parfois, elle se manifeste sous la forme d'un personnage que l'on ne s'attendait pas à choisir.

Le jeu a longtemps été un refuge pour les joueurs homosexuels. Un espace pour explorer l'identité, l'expression, le désir sans crainte. Sans jugement. Sans étiquettes.

La fierté n'est pas seulement une célébration. C'est un rappel du travail qu'il nous reste à faire. Et dans les jeux, ce travail commence par faire de la place à la douceur. Pour des histoires comme Striking Vipers, où le désir n'a pas besoin d'être défini pour être valide. Où l'amour n'est pas toujours logique, mais toujours réel.

L'épisode n'a pas besoin de prononcer le mot "queer". Il vit dans le silence entre les scènes. Dans les moments où Karl ne peut pas regarder Danny dans les yeux, mais s'approche quand même de lui. Dans le sentiment que quelque chose a été débloqué et n'a jamais été remis en place.

Ce sentiment est familier. Et c'est pourquoi il est important.

🪩 Et maintenant?

Nous cessons de nous demander si la douceur des jeux est intentionnelle. Nous commençons à concevoir pour elle.

Nous construisons des créateurs de personnages qui permettent la complexité.

Des curseurs au lieu de binaires.

Des corps qui ne sont pas limités par le sexe.

Des options vocales qui ne sont pas liées à des hypothèses.

Nous écrivons des récits où l'intimité n'est pas punie. Où les amitiés peuvent être tendres. Où l'amour queer est stratifié et désordonné et mérite d'être raconté.

Nous parlons des fois où un jeu nous a fait ressentir quelque chose d'inattendu. Le moment où nous avons choisi un personnage et où nous avons ressenti une force d'attraction. La session de coopération qui nous a laissés silencieux pendant des heures.

Nous créons des jeux qui nous permettent de vivre plus pleinement. Et pas seulement une fois par an.

La révolution ne sera peut-être pas télévisée.
Mais il arrive que
se connecte en premier.

Totalement vôtre,

Joyeuse fierté !


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